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On a testé pour vous, et surtout pour nous en fait, le surf.

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surf premiere fois | Quarante deux kilomètres - histoires de sports

Il y a un mois, il y a un siècle, il y a une éternité (on a les références qu’on mérite), j’ai profité des 4 jours de l’Ascension (le déménagement outre Atlantique a parfois du bon) pour aller voir un chouette copain breton, qui face au soleil de plomb annoncé, m’a gentiment trimballée dans son camion de hippie pour aller – roulements de tambours et sourires jusqu’aux oreilles – à la mer, surfer.

Coup de bol pour nous (enfin pour moi surtout), il y avait cette semaine là, un temps calme annoncé du côté du Morbihan, « parfait pour apprendre » a-t-il glissé entre deux questions du jeu des 1000 euros. Evidemment à ce stade là, j’étais absolument terrorisée, cf les profils des collaborateurs. Du coup, on a surtout beaucoup bu pour commencer.

Après un passage éclair à la gendarmerie de Carnac (le déménagement outre-Atlantique a parfois du moins bon), me voilà équipée d’une combinaison taille 14 ans et d’une planche gigantesque. À ce stade là j’ai encore plus la trouille, et la gueule de bois ; on aime les challenges chez 42km. Je regarde mon prof attitré s’équiper au cul du camion, j’ai plutôt décidé d’attendre d’être sur la plage au milieu de la foule pour enfiler ma combi, délicieux moment pour me rendre compte que celle-ci était non seulement humide mais surtout très, très, très ajustée au niveau des mollets.
Si quelqu’un a filmé ce grand moment de solitude, n’hésitez pas à nous faire parvenir les rushs qu’on fasse de nouveaux gifs rigolos.

Conséquence direct, je n’ai jamais été aussi vite à me mettre à l’eau, la bonne surprise étant l’efficacité thermique de la combinaison (Claire, grand reporter). Ce jour là, je vous avoue que j’ai surtout ramé, mer d’huile oblige, bénissant les cours de Unda Yoga de début d’année et les cours de yoga tout court. Et comme j’aime bien prendre mon temps et y aller par étapes, je suis ravie d’avoir pu appréhender l’équilibre et les mouvements en position horizontale pour commencer. Et puis au bout d’une bonne heure de balade et de discussions en regardant les baigneurs entrer dans l’eau en poussant de petits cris stridents, rattrapée par l’alcool de la veille, je suis allée rouler ma combi dans le sable et finir ma nuit en attendant que mon binôme tente de scalper une madame en bodyboard.
Elle va bien.

On n’oublie pas de bien rincer sa combi et hop, c’est déjà l’heure de se rendre compte qu’on a les bras trop courts pour trimballer un longboard qui prend un peu l’eau. Les 200m qui nous séparent du camion passent aussi vite que les 4 derniers km d’une spartan race ultra beast, en toute franchise.

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Jour 2, l’océan s’est un peu réveillé.

Les vagues ne sont pas monstrueuses non plus mais on tient quelque chose niveau puissance. La giga trouille de passer à l’essoreuse à salade, le retour.

En gens organisés, le nez toujours couvert de stick blanc anti UV pour être plus jolis, on se met à l’eau alors que la plage est bondée, cette fois j’ai enfilé ma combi sur le parking en essayant de ne pas trop montrer mes fesses aux passants, comme tout le monde. La mairie locale a eu la bonne idée de ne pas mettre de zones en place : les baigneurs, grands ou petits qui jouent dans les vagues sont partout, les planchistes aussi. À la peur de la machine à laver s’ajoute donc la peur de blesser quelqu’un. Dernières instructions du binôme au nez pointu, qui vogue ensuite vers de plus grosses vagues, l’heure de me rappeler que je ne suis pas venue jusqu’ici – que surtout je n’ai pas enfilé ma combi – pour rien.
J’attrape un bébé vague, tente un simili burpee puisqu’un jour Camille m’avait dit « mais si, tu seras forte au surf si tu fais des burpees », immense chance du débutant, je finis debout, stable, jusqu’à la plage, sans tuer personne. Le sourire le plus grand du monde, environ.

surf premiere fois | Quarante deux kilomètres - histoires de sports

C’est après que ça s’est corsé. Repasser les vagues avec la planche, 10 fois, 100 fois, les premières chutes, les premiers cycles d’essorage, les premiers réflexes de se mettre en boule même dans l’eau. Bonne nouvelle, je n’ai plus peur de l’eau elle même, seulement de tuer un enfant ou de me faire raboter la tête par un autre surfeur. Je finis la session épuisée mais avec l’immense fierté d’avoir réussi à me lever, juste avant de me prendre les pieds dans mon leach, me vautrant, planche à la main, dans 20cm d’eau, sur la plage bondée. Grand moment.

Le troisième jour, les vagues étaient un peu trop fortes pour mon non-niveau, j’ai fait du yoga sur la plage, c’est bien aussi. C’est loin d’être évident, et ça met du sable partout, en plus de méduser les passant. J’ai trouvé une stratégie pour porter ma planche avec mes petits bras, c’est très bien aussi. J’ai joué les bikinis mécanos venus du froid avec fierté, un peu, aussi.

Maintenant il faut que je vous parle du dimanche, qui a été ma journée préférée depuis la dernière sortie snowboard avec le barbu. Il faisait moche, la mer était la même qu’au jour 2 mais la plage était déserte, j’ai enfilé ma combi avec le sourire et mon lycra dessous plus vite que vite et on a filé à l’eau, pas en courant mais pas loin.

Et là, cette sensation un petit peu incroyable, hors saison, assise sur ma planche, alors que la pluie s’est mise à tomber, je crois que j’ai un petit peu pleuré, de tout cet espace et de toute cette liberté.

Et puis repasser les vagues, 10 fois, 100 fois, et se refaire brasser comme un vieux tas de linge, et prendre un autre paquet de gamelles, et se lever quelques fois aussi, les cheveux pleins de varech et de sable, avec un sourire grand comme ça. Et puis me servir de mon leach maudit pour faire une bandoulière et porter ma planche comme un sac de sport, aussi.

Et maintenant ? Maintenant je n’ai qu’une hâte, recommencer, et justifier l’achat d’une sublime combi qui sentira trop fort le néoprène et qui sèchera mal, comme toutes les combis.

PS : les yeux les plus aguerris auront remarqué qu’il y  une photo de Biarritz qui illustre un article qui parle de la Bretagne. C’est notre côté super rebelle et yolo.

4 Comments

  1. Pour avoir eu l’occasion de glisser environ 5/10m sur une planche la première fois de ma vie à Lacanau cet été, je comprends vraiment bien la satisfaction que tu as pu avoir en arrivant à surfer un peu debout, ça doit être encore plus fou… *_* (On occultera le fait que dans mon cas, j’ai manqué de me noyer et que c’était la planche du sauveteur. Ahem. (Putain de baïne)).
    Bref, encore un truc que j’ai envie d’essayer… (pourquoi t’as pas la mer Montréal, pourquoiiii)(Y’a les rapides de Lachine ceci dit. XD)

    • Nooooon, les baïnes, c’est LE PREMIER TRUC AUQUEL ON DOIT FAIRE GAFFE ! ^^
      Sans rire, y’a tellement d’accidents à cause de ça.
      Mais bref, je te rejoins sur le « pourquoi y’a pas la mer à Montréal », je crois que c’est l’une des raisons qui me feront rentrer dans mon Sud-Ouest d’amour un jour !
      (Et oui, Claire, mets à jour ta bio !)

      • Oui clairement… D’ailleurs ils ont foutu les drapeaux rouges 10mn après que je sois sortie de l’eau (une autre personne ayant été récupérée quasi en même temps que moi).
        Ce que j’ai trouvé assez étonnant, c’est qu’il n’y avait aucune mention du phénomène aux abords de la plage, alors que c’est un coin où il y en a régulièrement… Je connais le principe mais c’est seulement au moment de revenir que j’ai pigé ce qui m’arrivait et que je me suis dis merde…
        Bref, toujours faire gaffe ! 🙂

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