Notre premier triathlon.

Eh oui, on peut maintenant dire, et fièrement, que nous sommes triathlètes, ou triathloniennes comme dirait W. (<3 de Célia)! Le 15 juillet dernier, Magog nous accueillait avec son lac, et son fameux monstre Memphré, et ses routes vallonnées pour réaliser notre premier triathlon format sprint (750m nage – 20km vélo – 5 km course).

Voici nos histoires, celle Camille et Célia, celle de C. et C., ou plutôt de Ca, dossard 1122 et Ce, dossard 1083, avec une version plus factuelle, et une version romancée avec des parenthèses!

L’avant triathlon : préparatifs, patate douce et stress.

Ce / 1083

Nous sommes arrivées à Magog trois heures à l’avance. Ce qui est recommandé, c’est deux heures. Mais étant novices, ne sachant pas trop trop quoi faire et où se rendre, et surtout pour décompresser un peu plus longtemps, on a joué la carte de la sécurité. On sort de la voiture, sous la pluie, évidemment, sinon ce défi aurait été trop facile 😉

On réfléchit à ce que l’on fait, comment l’on s’organise, puis on en conclut que dans un premier temps l’on va aller chercher nos dossards et que l’on va explorer les lieux et les consignes! Dossards, étiquettes et bonnet de bain en main, check. Mais ce ne fut pas très évident. On ne croulait pas sous les plans, les bénévoles et les indications. Les gens n’étaient pas très très sympathiques au premier abord, sauf le petit monsieur qui a effectué nos marquages. Il a pris le temps de TOUT nous expliquer, et même nous donner des astuces de dernières minutes

La prochaine étape est donc d’aller déposer nos affaires dans la zone de transition vélo. On retourne à la voiture. J’éparpille mon bordel par terre, j’appose mes numéros sur mon vélo et mon casque, et me refait mon scénario dans ma terre pour m’assurer de tout avoir. Je mets des capsules d’électrolytes dans nos gourdes et mes affaires dans des sacs Ziploc de congélation.

Premier apprentissage ici. Comme W. l’a mentionné, l’accessoire mode en tri, c’est la boîte de rangement en plastique transparent! Beaucoup plus astucieux que les sacs Ziploc! Tout est réuni au même endroit et est protégé de la pluie! On repart donc avec nos vélos et nos sacs pour le contrôle et pour le set up dans la zone de transition.

C’est bon, tout est ok, nous sommes dans les normes, même Camille et son casque-pas-de-vélo! Sous les conseils du petit monsieur gentil, on sélectionne la ligne de dépôt avec la première lettre de notre nom de famille, bon plutôt prénom pour Camille! C. Vélo accroché, casque déposé dessus, baskets ouvertes et délacées, serviette déposée sur le gazon, collations entr’ouvertes, gourde déverrouillée, porte-dossard accrochée sur le poteau, et je crois que c’est à peu près ça, on repart, avec une petite boule au ventre, avec la crainte d’avoir oublié un détail, une bricole

Sur le chemin du retour vers la voiture, encore, on récupère nos puces. Dernières choses à prendre. On a fait l’erreur, bon ce n’était pas clair, que c’est vraiment la DERNIÈRE chose que l’on doit prendre, que l’on doit installer sur nous. En effet, pas possible de retourner sur le site principal avec les tentes avec. De nouveau à la voiture, on mange. Mon over-night-oats avec des graines de chia et des fraises, et Camille sa purée de pomme de terre douce. J’hésite entre picorer ou tout manger. J’ai l’impression que je vais vomir ma collation, mais si je ne la mange pas au complet, je vais manquer d’énergie. J’ai tout mangé et j’ai bu beaucoup d’eau pour aider!

Il doit maintenant être midi, on enfile nos cuissards de tri, on vérifie que l’on a nos lunettes et bonnets. Puis on repart vers le site principal. C’est à ce moment que l’on nous dit que l’on ne peut plus traverser à cause de notre puce à la cheville. Astucieuses ;), on les enlève et on les donne à W.

Pour se changer les idées, on va discuter avec les experts du stand Polar. Étant à la recherche d’une montre sportive, j’avais repéré un de leurs modèles, la nouvelle M430. Ce sera peut-être une récompense! Fini les rêveries, il faut à nouveau se reconcentrer. On refile voir W. On lui laisse nos derniers effets personnels, on se fait des bisous et des câlins, et c’est parti direction plage. Et rien que pour nous, la pluie a cessé, il y a même des éclaircies!

On écoute les consignes des vagues partant avant nous, on regarde des départs pour analyser la position stratégique. Quand vient notre tour, c’est un peu le bordel, les officiels ne savent plus qui est dans quelle vague, moment de stress sur la plage, certaines femmes paniquent un brin. Le tout résolu, on peut aller tester l’eau. Elle est glaciale, le froid transperce le corps, et non, je suis quasi certaine, qu’elle n’est pas à 21°C tel qu’annoncé. On va faire avec, pas le choix! Sans wet suit, il nous faut un moral d’acier. Je conseille à Camille de respirer aux 2 coups de bras pour commencer la course, car le froid épuise rapidement et elle me redonne le conseil de profiter et apprécier la course à pied!

Je stresse quand même un peu, je retrouve ma manie de jouer sans cesse avec mes lunettes pour m’assurer qu’elles sont bien ajustées, je sautille, je me tape les joues, puis on entend un départ-dans-une-minute et un bruit sourd. C’EST PARTI!!!!!! Y-O-L-O le tri. J’oublie tout, je n’ai pas le choix. Le départ est donné!

premier triathlon recit | Quarante Deux kilomètres - histoires de sport

Ca / 1122

Au petit matin, le réveil est difficile : je suis en ce moment en plein binge-watching de Homeland (j’ai souvent mille ans de retard sur les séries) et, même si j’adore, je suis assez traumatisée par tous les épisodes, j’ai donc un peu de mal à m’endormir sans faire de cauchemars (mais je continue quand même à regarder, Carrie est trop badass).

Je prends rapidement mon petit-déj qui n’a rien d’original : un overnight oats avec des graines de chia, banane et cannelle, c’est mon go-to, je sais que ça va me caler jusqu’à la collation d’avant course et que je vais bien le digérer. Le départ est à 13h30, je vous avoue que je suis assez déstabilisée par cet horaire et j’ai un peu peur de très mal gérer l’alimentation et l’hydratation.

En arrivant sur le site, on est un peu perdues, on sait pas trop où aller, rien n’est vraiment indiqué et les personnes à qui on s’adresse, poliment et avec le sourire, nous envoient un peu bouler, du coup j’ai très envie de taper du pied en me roulant par terre en criant je veux pas y aller, mais un brin de décence me retient, et on trouve finalement conseils et réconfort auprès d’un petit monsieur tout gentil, qui nous explique tout, tout, tout et marque nos numéros de dossards sur les bras et les mollets.

On est assez désorganisées, on fait des millions d’aller-retours entre la voiture et la zone de transition, le tout sous la pluie et le vent, on dépose nos affaires en notant mentalement toutes les petites choses à améliorer pour la fois d’après, et en espérant ne rien oublier. On avale rapidement une petite collation (purée de patates douces au beurre de peanuts & cacao, je pourrais vivre en ne mangeant que ça) et on va voir les premiers départs.

Je stresse beaucoup, il y a beaucoup de gens, je suis jalouse des bonnets de bain turquoise de la première vague de départs, alors que les nôtres sont mauves et laids, et que je le remettrai probablement jamais, même pas pour frimer parce que c’est inscrit « triathlon » dessus. La première vague s’élance, je fais judicieusement remarquer à Célia que, comme nous l’a dit M.-C. la veille, tous ces gens dans l’eau rappellent beaucoup la scène de Titanic quand le bateau coule, je suppose que ce n’est pas la pensée idéale à avoir avant une course, mais enfin.

On va goûter un peu l’eau, histoire de s’échauffer un peu et de savoir à quoi s’attendre. Annoncée à 21°C le matin, elle nous a paru vachement plus fraîche en vrai – il se peut que j’aie été un peu vulgaire à ce propos -, et le duo vent+pluie n’a pas forcément arrangé les choses. Mais enfin. Quelques coups de crawl plus tard, on n’a pas vraiment plus chaud, mais on retourne sur la plage pour attendre le départ.

Moins d’une minute, crache le micro, bonne course, derniers sourires, conseils de dernière minute et encouragements échangés, on met nos lunettes, on sautille sur place et puis c’est parti, on court dans l’eau.

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750 mètres de froid & d’algues.

Ce / 1083

Je peste, l’eau est insupportable, elle est froide. Je cours les genoux hauts dans l’eau le plus longtemps possible pour ne pas perdre d’énergie. Puis je me lance. Je suffoque un coup à cause du choc thermique, mais je me force à reprendre le contrôle, ce n’est pas ma première crise!

Ma stratégie: nager large au début pour sortir du bain de foule, puis me resserrer à l’approche les bouées blanches. Ah oui, ces bouées blanches, sur la plage, j’avais peur de ne pas les voir, de les manquer, mais n’ayez crainte, dans l’eau, elles sont ÉNORMES! Impossible de les manquer!

Ma stratégie fonctionne, je repère même une nageuse avec une trifonction corail, facile à repérer sous l’eau! On se suit, on alterne qui prend la tête. Merci fille si tu passes par là! Le premier 300m est difficile. J’ai froid, mes bras sont durs et lourds, mon cœur bat trop vite, je me prends un coup dans le ventre, mais ça va, j’avance bien je crois! Je ne vois pas beaucoup de monde autour de moi. Je me demande pourquoi, suis-je trop loin?

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La seconde partie en forme de U fait environ 150m. On est dans le sens contraire des vagues. Ça brasse, ça me fait ralentir, car il faut se battre contre les vagues, je respire-de-l’autre-côté, celui que je n’aime pas, pour éviter de boire la tasse. Et les algues se coincent partout sur moi: autour de mon cou et de mes épaules. J’arrive à me départir de celles sur mes bras au moins. Beurk.

Dernier 300m, déjà! Toujours avec ma copine en corail, on accélère! On dépasse la vague qui était partie avant nous. L’épreuve que je craignais le plus à cause des conditions météorologiques est complétée! J’arrive sur la plage, j’essaie d’esquisser un sourire, car il y a des photographes, je monte les marches, j’enlève mes lunettes et mon bonnet, et je cours vers la zone de transition pour récupérer mon vélo

Ca / 1122

Les premiers – longs – mètres se font à la course, on a de l’eau jusqu’aux genoux pendant une bonne dizaine de mètres et c’est le moment de plonger, entre les vagues et les gens (et les jambes et les bras et les algues).

Le lac est loin d’être calme, les vagues rendent la nage beaucoup plus difficile que prévu. J’alterne, avec la grâce d’un chaton qui prend son bain pour la première fois, le crawl et la brasse – les 2 étant une approximation de ce que je nage normalement dans une piscine, ma maman aurait été en train de s’arracher les cheveux à me voir nager n’importe comment. Je me fais rire à m’imaginer nager comme un chaton paniqué, du coup je bois la tasse et je décide de me concentrer un petit peu, que diable. Je tente, enhardie par des femmes devant moi, le dos crawlé, mais c’est un cuisant échec.

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Je prends des coups de pieds, de bras, de poings, d’algues aussi, bref, c’est un grand moment de folklore aquatique. Je me rends compte que j’arrive près du rivage dans pas très longtemps, je m’auto-ordonne de me sortir les doigts du cul et d’accélérer un peu, ce que je fais. 750 m (et un peu plus, en vrai) plus tard, je sors de l’eau – Célia est probablement loin devant, elle a sans doute nagé comme une fusée – je cours jusqu’à mon vélo, les pieds dans la boue et le nez qui coule, en me promettant de travailler un petit peu plus ces sorties de l’eau pour la prochaine fois – je ne veux pas voir les photos de ce moment.

T1 : renifler en courant.

Ce / 1083

Je cours jusqu’à mon vélo ligne C!
1- Je mets mon casque de vélo.
2- Je bois, j’ai si soif.
3- J’essuie mes pieds sur ma serviette au sol.
4- J’enfile mes chaussettes et mes chaussures,
5- Je rebois!
6- Je croque un bout de ma barre CLIF au beurre d’amande et je la glisse dans la poche de mon cuissard.
7- Je décide de ne pas mettre mes gants, je suis encore humide et ils vont être pénibles à mettre.
8- Je décroche mon vélo et me voilà partie!

Déjà ⅓ réalisé! Woop woop!

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Ca / 1122

On a mis nos vélos au couloir C (C comme Camille, et C comme Célia, oui, qu’elles sont malignes), alors il faut remonter toute la zone de transition pour y arriver, j’ai largement le temps de me rappeler que j’ai oublié de mettre des mouchoirs dans mes affaires et que je vais donc devoir être tout sauf élégante en reniflant.

Un peu comme un automate, je me prépare pour le vélo : casque attaché – on nous a bien briefées là dessus, casque attaché avant même de décrocher le vélo de son emplacement – gorgée d’eau, chaussette, basket, gorgée d’eau, chaussette, basket, bouchée de barre tendre – ça fait 5 semaines que cette barre tendre est accrochée à mon vélo, sans que je n’aie ressenti le besoin de la manger, elle est donc en miettes, mais bien bonne quand même, même si j’ai un peu de mal à manger tout en reprenant mon souffle et en reniflant.

Vélo : ça monte et puis ça descend. Tout. Le. Temps.

Ce / 1083

Je ne sais pas du tout à quoi ressemble le parcours à part que le dénivelé maximal est de 50m, tel qu’indiqué sur la carte. Il y a un embouteillage à la ligne de départ. Adieu les politesses, je veux foncer! Non mais! Je m’élance. Et là, les premières sensations sont difficiles. Mes jambes, mes cuisses sont raides, et froides. Il y a beaucoup de monde, les catégories sont mélangées, des hommes et des femmes partagent la route.

On doit normalement conserver une distance de 10m entre chaque vélo pour ne pas profiter de l’aspiration du cycliste avant. Mais c’est impossible. Je double, je me crée un second couloir en espérant que ce soit permis. Je commence à comprendre le pattern du parcours. Du terrain vallonné, et juste ça, point. Des montées, des descentes, des faux-plats. Rien de très évident pour les jambes, avec un super bonus, qu’est le vent… J’ai encore très soif. Je prends le risque de boire. Je ne suis pas habile à une main et j’ai toujours peur de ne pas être capable de remettre ma gourde en place. Mais là tout roule! Yes!

Je ne sais pas si j’ai une bonne cadence, si j’ai une bonne allure. Je fais comme je peux, comme je suis bien, et à la limite de ma zone de confort. Le vélo, ça reste l’épreuve que l’on avait le moins pratiqué et perfectionné. À la fin de la première boucle, je croise W. Il me crie des mots d’encouragements. J’ai un peu les larmes aux yeux. Je suis contente, ça me redonne un boost d’énergie et de fierté.

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Première boucle réalisée, épingle de fin où j’ai failli me retrouver dans le fossé, et go. Je croise Camille pour la seconde fois. Je lui envoie des sourires et des go-go-go, mais elle est trop concentrée, à moins qu’elle ne me snobe 😉 Le deuxième tour est plus facile, je sais à quoi m’attendre. Je me donne à fond. Je roule, je change même mes plateaux pour optimiser mes coups de pédale. J’aime ça, vraiment!

Le temps est passé à une folle allure. J’ai déjà quasi complété le parcours. Je recroise Camille! Je lui envoie un pouce en l’air et je souris quand elle me répond qu’elle me le retourne mais sans quitter son guidon! Et là je me mets à réfléchir comment je dois faire pour sortir de la piste et retrouver la zone de transition. J’ai aucun souvenir d’avoir vu de telles indications. Je me dis qu’il va bien y avoir des gens devant moi qui vont sortir aussi, j’espère du moins!

Finalement, c’était clair, il fallait conserver sa gauche. Par contre, je débarque trop tôt de mon vélo, meilleure chance la prochaine fois!

Ca / 1122

Sortie de la zone de transition, j’enfourche mon vélo avec zéro grâce et zéro technique et c’est parti pour… Ah bah pour la première montée. Soit, grimpons. Après cette montée, il y a une descente, après la descente, une montée, et ainsi de suite à peu près tout le long. Zéro plat, zéro répit pour les jambes, mais il ne pleut plus et la route a eu le temps de sécher, c’est plus ou moins tout ce qui compte pour moi, parce qu’on a jamais roulé sous la pluie pendant nos entrainements.

Je me fais quelques petites frayeurs au moment des U-turn (les virages, grosse faiblesse encore) et au moment de boire en pleine descente – erreur, plus jamais, je manque rentrer dans mon voisin de devant et de perdre l’équilibre, mais à part ça, pas grand chose à signaler. Je croise Célia une première fois, mais le temps de me rendre compte que c’est elle, il est trop tard pour lui crier un petit go d’encouragement. Je la croise une deuxième fois au second tour, elle me fait un signe de la main auquel je suis incapable de répondre, si je lâche mon guidon, je tombe. Ce n’était donc pas du snobisme.

J’ai 0 repère, je suis hyper stressée parce qu’on doit faire 2 boucles mais qu’à la fin de la première, j’ai pas réussi à repérer où était l’entrée vers la zone de transition, du coup j’angoisse tout le 2ème tour de la rater et de me perdre, sans pouvoir me dire que je peux suivre la personne de devant puisque toutes les vagues sont mélangées et que si ça se trouve, la personne de devant a juste fait un tour. Bref, l’art de stresser pour pas grand chose, c’est ma spécialité.

Il s’avère qu’en fait, c’était facile, il suffisait de serrer à gauche, c’était indiqué, il fallait *juste* ouvrir les yeux.

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T2 : pâtes de fruits & étourderies

Ce / 1083

Je cours mon vélo à la main jusqu’à mon stand.
1- J’accroche mon vélo.
2- J’enlève mon casque.
3- Je bois, encore et toujours.
4- Je croque dans ma pâte de fruits.
4- Je pars.
5- Une officielle me dit que j’ai oublié mon dossard. Il fallait bien que je fasse une boulette. Je m’appelle Célia.
6- Je retourne à mon vélo.
7- J’accroche mon porte-dossard.
8- Je cours. Je crois que W. qui est en train de prendre des photos se moque un peu de moi.
9- Je sors enfin de la zone de transition.

Ca / 1122

Je débarque trop tôt – c’était indiqué, mais visiblement, j’ai pas bien ouvert les yeux – et BORDEL QUI A COULÉ DU BÉTON DANS MES CUISSES aurait été la phrase que j’aurais dite si j’avais été capable de parler, mais j’étais bien trop concentrée à : doubler la fille devant moi qui a cru qu’elle faisait du tourisme, renifler, souffrir et essayer de récupérer mes jambes. Spoiler : elles sont revenues au kilomètre 3, c’était long.

Arrivée dans la zone de transition, j’enlève le casque, je me prends les pieds dedans, j’accroche mon porte-dossard, que je vais haïr pendant toute la course, je croque une pâte de fruit, une gorgée d’eau, je renifle encore un peu, et c’est parti pour 5 kilomètres qui passeront, malgré les jambes lourdes, hyper vite.

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Course à pied : qui a volé, a volé, a volé, a volé nos jambes ?

Ce / 1083

Je me dis, allez CC, plus que 5km. Ouin bon, plus que, j’étais optimiste. Mes jambes sont lourdes, ce sont des blocs. Mais au moins, le début du parcours se fait sur une surface plane. Ça me permet de me dégourdir un brin. Les gens sont sympathiques, on croule sous les encouragements! Les stations de ravitaillements sont multiples! Comme dans les films, je me fous de l’eau sucrée partout. Qui sait boire correctement en courant ici? Je colle de partout, je sue. La vie glamour des sportifs quoi.

Le parcours me semble long. Aucune indication. Je n’ai pas de montre. Je n’ai pas le choix que de garder le cap.  J’ai l’impression de courir à deux à l’heure, mais en même temps, je dépasse plein de monde sans jamais me faire rattraper, ça ne doit pas être si pire comme on dit au Québec!

Le terrain est encore et toujours vallonné et parfois dans des micros sentiers. Je commence à avoir mal à mon genou et à mon fessier. Ah non, vous ne m’aurez pas. Puis j’entends quelqu’un dire, moins de deux kilomètres! Et là, je commence à bien me sentir. Mes jambes se dégourdissent et j’ai un repère! Un dernier faux plat et me voici arrivée à la ligne d’arrivée. Je me sens nouille car j’ai oublié de sprinter. Oups.

J’entends un bravo mademoiselle, je dois enlever votre puce, voici votre médaille.

Ah oui! Et là je réalise! O-M-G, je viens de compléter mon premier triathlon! #goal. Je ne sais pas si je dois rire, pleurer, sourire, mais je sais que je dois boire et manger de la pastèque! Quelle brillante idée de servir de la pastèque à la fin d’une course! J’ai englouti cinq tranches! #lerêve. Je ne sais pas où je dois me mettre, mais j’attends ma Camillette, ma #fitfriend. Je la vois arriver. Je la laisse franchir la ligne et réaliser son exploit! Câlins, bisous, verre d’eau et un as-tu-aimé-ça-oui-toi-oui. #highfive

On sort de là, on retrouve W. Idem, bisous, bravo, câlins et un mais-vous-êtes-degeulasses-serre-pas-trop-fort! Je suis trop bien, la tête dans les nuages, je suis fière de moi, fière de nous, je veux recommencer, et connaître mon temps, car il me dira si je peux m’acheter une montre! Selon les estimations de W., j’ai le droit, car je l’aurai fait en 1:26. Chouette, reste plus que la couleur à choisir! Et voici une fin heureuse!

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Ca / 1122

Je pars pas très vite – je n’en suis de toutes façons pas capable – et je me fais mentalement un petit plan d’attaque : le premier kilo, je retrouve les jambes, 2 et 3, je déroule sans me trainer, 4 et 5, je donne tout.

Quelques petites côtes impromptues ont un peu perturbé mon plan, mais dans l’ensemble, j’arrive à maintenir un rythme plutôt pas trop mal pour quelqu’un qui a zéro travaillé cette distance, puisque j’ai déjà commencé mon plan d’entraînement pour le marathon.

Une grande descente au kilomètre 2.5 me permet de dérouler tranquillement les jambes et d’oxygéner un peu le tout, et à partir de là, tout va (très) bien. Les sensations sont impeccables, je suis pas dans le rouge, je sais que je vais pouvoir accélérer après. Aucune indication de km n’est affichée sur la course et je suis bien contente d’avoir ma montre pour gérer un peu la distance. En revanche, rien à dire sur les ravitaillements, j’en ai compté 4, sur 5 km c’est plutôt beaucoup ! Gros merci également à cette madame qui proposait de nous asperger d’eau au 3ème kilomètre.

Ma montre vibre pour le 4ème kilo, un rapide coup d’oeil, je suis à 5’/km, les jambes et le souffle vont bien, je commence à accélérer un peu, juste pour voir si ça passe. Je double plein de gens, je suis très contente, ça me motive beaucoup. Comme on a toutes notre âge écrit sur nos mollets, ça me rend très heureuse de me dire que mes 30ans me permettent quand même de dépasser des filles de 17 ans HINHINHIN. (Je vis mal le fait d’approcher de la trentaine et j’en profite pour m’en plaindre dès que je peux – et me rassurer comme je peux aussi.)

4.5 km, la ligne d’arrivée devrait être pas trop loin, on rejoint la ligne droite sur laquelle on croise le départ du 5k, je sais qu’il me reste plus qu’à exploser – toutes proportions gardées, j’ai les jambes qui répondent mais enfin quand même – jusqu’à la fin, jusqu’à cette ligne d’arrivée qui, comme toujours, arrive trop vite.

Sprint final et cette fantastique impression d’aller au bout de ce que le corps peut donner, et puis pof, c’est déjà fini. Je récupère ma médaille, remercie les bénévoles (c’est important de dire merci aux bénévoles), tombe, tous sourires, dans les bras de Celia, prends un tranche de pastèque offerte à l’arrivée (brillante initiative, mettez ça sur toutes les courses aux lieu de donner des barres pleines de sucre raffiné, sapristi !), et on part retrouver W., en commençant déjà à faire le debrief comme deux enfants surexcitées, alors, alors, t’as aimé, dis, t’as aimé, on en refait d’autres, hein, dis dis dis ?

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La fin : pastèque, médailles & sourires

Ce / 1083

Même si pour une première fois, on dit toujours aux autres, que l’objectif est de compléter et non pas de performer, la compétitrice en moi avait des objectifs de temps!

Nage: <15 mins
Réel: 13:30
Vélo: <55 mins
Réel: 42 mins
Course: <30 mins
Réel: 24:40
=1:25:25 (notez que je voulais le compléter en dessous de 1:45:00!)

Et maintenant qu’est-ce que je fais? Eh bien, je continue! J’ai eu la piqure! J’ai encore des croûtes à manger avant mon premier 70.3, mais j’ai envie! Je sais ce que je dois travailler et comment doser mon effort et où plus en mettre.

J’aime trop, maintenant je veux un vélo. C’est dit!

Et merci papa pour tes conseils de vieux singe rationnel <3
Merci W. pour ta patience, ton accompagnement, tes encouragements… Hâte à notre relai en 2018.
Merci E. pour ton Peugeot!

Et surtout merci à toi, 1122 de m’avoir sorti les doigts du cul, j’adore cette expression qui est tienne. Merci d’avoir cru en nous. Merci pour ces moments, les drôles et les moins drôles. Merci de m’embarquer dans cette passion/folie sportive. Cœur avec les mains.

Ca / 1122

Partie sans aucune notion de ce que je pouvais faire comme temps, je suis plutôt contente de mon 1h32. J’en ai chié à la nage, mais ça m’a permis de situer vraiment mes points faibles (régularité et souffle) (et arrêter d’avoir peur de donner des coups de pied en fait, puisque j’en reçois tout autant) et d’avoir un vrai objectif d’amélioration. J’ai adoré le vélo, même si j’aurais pu pousser un peu plus et que j’aurais dû me faire plus confiance dans les montées, j’ai les jambes pour aller plus vite. Et j’ai compris que pour la course, je ne suis bonne que pour des distances supérieures à 5km, en tous cas, sans entraînement spécifique à cette distance, parce que j’ai besoin d’avoir quelques kilomètres dans les jambes pour démarrer comme il faut.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant aimé une course. Bien sûr, le marathon, c’est l’épreuve qui restera à jamais ma plus grosse fierté sportive, mais j’ai adoré le triathlon, depuis sa préparation à la course : un peu comme ma #fitfriend, je crois que j’ai eu la piqûre – et j’ai déjà demandé un vélo à mes parents pour mes 30 ans.

Et puis, surtout, préparer cette épreuve accompagnée de Celia, c’était une vraie belle chose. Nos sourires à l’arrivée valaient bien, encore une fois, les matins fatigués, les pieds qui trainent à la piscine à l’aube et les muscles courbaturés. Pouvoir être à deux sur la ligne de départ, savoir qu’on est deux à avoir froid dans l’eau, qu’on est deux à pester contre le terrain vallonné et qu’on sera deux à l’arrivée, c’est précieux.

Il y a un dicton qui dit  « couples who train together, stay together », mais je crois qu’on peut bien appliquer ça aussi à l’amitié !

voici quelques autres articles chouettes !

Le jour d’avant.

On est à la veille du triathlon, et comme toujours la veille d’une course, il y un mélange de peur, d’excitation, de hâte et presque de regret d'y être déjà et d'envie, assurément, de  vouloir tout recommencer sitôt la ligne d'arrivée franchie. La peur, évidemment,...

Jetez-vous à l’eau!

Cela m’a pris un certain temps pour me motiver à retourner à la piscine. J’ai longtemps nagé plus jeune ; retourner dans une piscine signifiait accepter de ne plus nager aussi bien et rapidement qu’à l’époque. Accepter d’être une baleine (en sensation) les premières...