J’avais terriblement hâte de voir le mois de juin commencer. Depuis le 25 septembre dernier, je savais très bien que cette première ligne d’arrivée n’allait pas être la dernière et je me suis rapidement mise en quête du prochain marathon.

Je ne voulais pas vraiment refaire le même marathon. Si j’ai adoré le fait de faire mon premier à Montréal (j’aime bien donner tout un tas de symboliques à chaque événement important de ma vie, ça frise parfois le ridicule, mais enfin, je fonctionne comme ça), je voulais absolument faire le suivant ailleurs. C’est quelque chose de tellement exceptionnel, un marathon, que je veux en faire quelque chose de vraiment différent à chaque fois. Et puis, soyons très honnêtes, j’avais trouvé le parcours du marathon montréalais assez chiant.

Après un petit brainstorm, des listes de pours et de contres, et surtout, en ayant soigneusement éloigné tous les marathons sur lesquels il faut un temps pour se qualifier – on va laisser ça de côté encore quelques temps -, le grand gagnant, ça a été le marathon de Berlin.

Sur tirage au sort uniquement, on s’est inscrites un peu sans y croire : le marathon de Berlin faisant partie des 6 World Marathon Majors (avec Londres, New York, Chicago, Boston et Tokyo), on se doutait qu’il allait être pris d’assaut et personnellement, je n’ai jamais été une grande chanceuse dans les tirages au sort (je n’ai jamais gagné au loto, par exemple) (en revanche, j’ai une fois gagné un kit pour faire de la pâte à sel).

On avait gardé le marathon du Loch Ness (OUI OUI) en plan B, mais l’important pour moi, c’était qu’il ait lieu en septembre – ou après. J’aime courir, mais je ne suis pas encore prête psychologiquement à faire une prépa marathon en plein hiver québécois, à l’instar de Nicolas, qui a à peu près toute mon admiration.

Bref, on a rempli soigneusement nos petites fiches, payé ce qu’il fallait payer et on a laissé le tout dans un coin, le tirage au sort ayant lieu un ou deux mois plus tard. Gros suspens, je sais que vous vous posez tous la question et que vous attendez, pop-corn à la main, que je vous dévoile le fin mot de l’histoire : on a été tirées au sort pour le 44ème BMW Berlin Marathon, le 24 septembre 2017.

J’ai lâché mes petites larmes, comme d’habitude (je suis une personne très émotive) lorsque j’ai reçu le mail de confirmation, parce que ça voulait dire que oh la la, oui oui oui, le prochain marathon est planifié et qu’en plus, c’est dans une ville que j’aime énormément et dans laquelle j’ai des jolis souvenirs.

J’ai laissé l’information dans un coin de ma tête, tout en fanfaronnant un peu autour de moi quand même, parce que c’est un peu cool de dire qu’on va faire le marathon de Berlin, et puis doucement – et parfois moins doucement – les semaines ont défilé, et on est arrivés à la fin du mois de mai.

preparation marathon Berlin | Quarante Deux Kilomètres - blog sport

mes baskets d’amour : les New Balance 880-V7

J’avais hâte, parce que je sais ce qui m’attend. Je sais qu’il va y avoir des moments difficiles, je sais qu’il y avoir des moments remplis de doutes, je sais que je vais avoir envie de me demander pourquoi je me suis inscrite à un marathon alors que j’aurais peut-être pu profiter, plutôt, de mes soirées à boire du rosé en mangeant des fougasses aux olives tartinées d’avocat (c’est vraiment bon), je sais que je vais avoir les pieds qui font mal, je sais que je vais devoir recommencer à m’enduire de vaseline avant d’enfiler brassière-short-débardeur. Je sais que je vais avoir chaud, je sais que je vais devoir me lever à l’aube pour boucler mes sorties longues avant le soleil, je sais que je vais devoir adapter ma vie à ces kilomètres.

Et puis, je sais que je vais avoir des frissons à chaque fois que je vais m’imaginer passer cette ligne d’arrivée, je sais que je vais avoir des frissons en repensant à ma première ligne d’arrivée, je sais que je vais adorer, encore, passer des heures et des kilomètres seule avec moi, ma volonté, mon mental et mes podcasts, aussi. Je sais que je vais être fière de moi à chaque nouvelle séance terminée, je sais que je vais avoir des ailes pour faire tout le reste, je sais que je vais, comme l’an dernier, avoir confiance en moi comme rarement. Je sais que je vais adorer encore chaque minute de cette préparation, et j’avais hâte.

J’avais hâte, parce que je sais que je vais encore une fois apprendre beaucoup de choses pendant cette préparation, sur moi et sur le running, j’avais hâte aussi parce que cette année, Célia sera pas loin pendant les séances de fractionné pour me pousser un peu plus loin, j’avais hâte aussi parce que je vais avoir plein de nouvelles excuses pour acheter des nouveaux shorts pour aller courir, et que je vais pouvoir manger plein de pâtes tout le temps.

Alors, pour tout ça, j’avais terriblement hâte de voir le mois de juin commencer – et pour chausser mes nouvelles baskets, aussi (les mêmes que l’an dernier, parce que je les aime d’amour et qu’elle me portent bonheur, visiblement).

L’an dernier, c’était une inconnue totale : je n’avais jamais suivi de plan d’entrainement – j’ai toujours couru mes semi-marathons totalement au petit bonheur la chance (j’aime beaucoup cette expression), je n’avais jamais couru plus de deux heures, je n’avais jamais passé trois mois à faire attention à ce que je mange-ce que je bois, je n’avais jamais réfléchi aux ravitaillements, bref, c’était nouveau.

Je ne sais pas si c’est un bien ou un mal que de savoir à peu près ce qui m’attend, mais dans 110 jours, je passerai la ligne d’arrivée et vous savez, j’avais terriblement hâte de pouvoir commencer à ne penser qu’à cela.

Je vous embarque avec moi pour cette préparation ?